Publications Languages Brasil Dansk Deutsch English Espanol Farsi Finnish Francais Greek Hungarian Italia Japanese Latvian Polish Portuguese Svenska
This is the official website for Nicotine Anonymous World Services. Any unauthorized website using Nicotine Anonymous' name and providing information, opinions, literature or outside links to other websites are not and have not been approved by Nicotine Anonymous World Services.

Publications

Nicotine Anonyme: Le Livre

Avant -Pros
(traduction temporaire personnelle et adaptation personnelle de l'AVANT-PROPOS du document intitulé "NICOTINE ANONYME: Le Livre", par un membre de Nicotine Anonyme.  En raison du peu de personnes disponibles pour cette traduction, et des moyens restreints, ce texte pourrait contenir quelques erreurs : ne soyons donc pas trop exigeants! (Note du traducteur) ... )

 

En 1988, nous avons préparé un long questionnaire.  A partir des nombreuses réponses que nous avons reçu, nous avons rédigé un brouillon d'une partie du Livre de Nicotine Anonyme (il s'agit du document intitulé: NICOTINE ANONYME: Le Livre, rédigé en anglais (note du traducteur)), et cette partie de ce brouillon de notre livre apparait comme la PREMIÈRE PARTIE de la présente traduction.

 

En plus de constituer la matière de base ayant servi à la rédaction de la PREMIÈRE PARTIE, les réponses au questionnaire constituaient une profusion d'idées qu'il nous sembla nécessaire de partager avec nos membres sous forme de citations.  La DEUXIÈME PARTIE de ce même Livre est formée de toutes les différentes questions qui ont constitué le questionnaire, et à la suite de chaque question, nous avons rapporté certaines des "citations les plus citables".  Le processus de création de cette partie du livre n'est pas complet, mais nous avons voulu partager avec vous ces résultats tels qu'ils existent maintenant.

Finalement, la TROISIÈME PARTIE du Livre est un brouillon de nos propos sur l'application des douze Étapes à la nicotine.  La rédaction et l'édition de cette partie de ce livre est encore, en quelque sorte, à un stage préliminaire.  Parmi nos brouillons traitant des Étapes, certains nous satisfont plus que d'autres, et nous sommes conscients de certaines lacunes, et nous alternons le temps du verbe entre le présent et le passé.  Néanmoins, nous espérons qu'il y a dans ce texte quelques pierres précieuses qui seront utiles et inspirantes.
 
Première Partie:
(traduction temporaire personnelle de la PREMIÈRE PARTIE  du document intitulé"NICOTINE ANONYME: Le Livre", par un membre de Nicotine Anonyme. En raison du peu de personnel disponible pour cette traduction, du peu de matériel et autres moyens, et aussi du fait que l'original rédigé en américain est lui-même, jusqu'à un certain point, un brouillon, alors ne soyons donc pas trop exigeant!  Le traducteur a tenté de traduire le plus fidèlement possible l'esprit plutôt que la lettre).

Texte Rédigé à Partic Der Réponses Obtenues Du Questionnaire
Chaque jour débutait de la même façon.  Anxieux, fatigué, manquant d'énergie, faible, atteint du "lendemain de veille", drogué (par la nicotine) ... et avec un désir presque immédiat et irrésistible de consommer de la nicotine.  La compulsion pour la nicotine fut normalement ce qui jetait la plupart d'entre nous hors du lit, à l'exception quelquefois des cas où nous consommions notre première "dose" avant même d'avoir l'énergie de nous lever.  Après la première "piqûre", nous nous sentions armé et prêt pour faire face à la journée.

Nous avions, en moyenne, 16 ans lorsque nous avons commencé ce rituel démentiel.  Depuis lors, et jusqu'à ce que nous cessions, la nicotine a affecté littéralement chaque minute de notre vie.  Même durant notre sommeil, cette drogue circulait dans nos vaisseaux sanguins, modifiant notre cycle respiratoire, altérant notre pulsation cardiaque, forgeant nos rêves, et nous préparant pour la "piqûre" du lendemain matin.

La nicotine faisait partie de chacune de nos émotions.  Sans tenir compte de nos sentiments ou de la perception que nous avions de nos besoins, la nicotine était là.  L'agitation, la peur, l'anxiété, la colère -- la nicotine y était.  Joyeux, bavardant, emmitouflé confortablement pour lire un livre -- la nicotine y était.  Que nous buvions, conduisions, conversions au téléphone, que nous regardions la télévision, entre les cours et après avoir mangé -- la nicotine y était.  Peu importe le moment de la journée, l'environnement, avec qui nous étions, cette drogue était avec nous, nous était liée, nous semblait totalement appropriée et nécessaire.

La nicotine était notre compagnon le plus proche, éternellement présent.  Même les couleurs et la forme du contenant dans lequel elle nous était livré -- cigarettes, cigares, pipes, chiques, poudre à renifler -- nous donnait de la consolation.  La réclame ne pouvait nous duper, déclarions-nous.  Pourtant nous étions sensibles aux marques -- manipulés par les médias et les combines de promotions -- de ce qui nous rendait le plus sophistiqué, la plus féminine, le plus masculin, le plus semblable à un quelconque personnage célèbre -- le plus ressemblant à un quelconque cliché ou image ou échappatoire convoité.

Notre ami, notre allié, notre fidèle compagnon.  L'énergie qui nous propulsait au début de la journée, qui nous donnait la force de passer à travers la journée et nous permettait de persévérer, et qui ensuite était présent pour nous remonter le soir.  Le compagnon de nos moments de gaieté les plus intenses et de nos chagrins les plus profonds.  Toujours et en tous lieux, et toujours fiable.  Comment pouvions-nous ne pas aimer notre nicotine?

Pourtant, cette aventure amoureuse fut perturbée.  Alors que nous avions rejeté ce que nos parents nous avaient dit -- à l'effet que la fumée retarderait notre croissance -- nous ne pouvions esquiver les symptômes physiques qui, graduellement, nous affectaient presque tous.  Et l'évidence scientifique, accumulée graduellement, mise en preuve irréfutable à l'effet que la nicotine est un tueur, qu'elle le soit par le truchement de l'attaque cardiaque, du cancer, de la respiration défaillante ou d'une panoplie d'autres horreurs.  Le "Surgeon General" (une autorité médicale des E.U.) a émis des avertissements depuis deux décades, puis il y eu ces mises en gardes imprimées sur chacun des paquets, sur chaque tableau d'affichage, sur chaque annonce de revue.  Nous voyions ces avertissements, même les yeux fermés.  Nous connaissions ces mises en garde.  Ces avertissements étaient profondément enraciné dans notre cerveau.  Mais la dénégation, la dépendance, avaient toujours le dessus ce même jour, cette même semaine, ce même mois, cette même année.

Il nous a fallut un processus d'apprentissage pour devenir dépendant de la nicotine.  Notre corps, étant plus intelligent que nous, se rebellait.  Nous avons toussé, nous nous sommes étouffé, avons ressenti de la nausée, et peut-être même avons-nous vomi.  Néanmoins, en persistant, le projet fut maîtrisé.  Nous pouvions être comme ces gros bonnets -- comme nos parents, comme ces étoiles de cinéma, ou autres de nos idoles.  Ou nous pouvions nous rebeller.  Peu importe la motivation, nous avons eu du succès dans notre apprentissage.  Nous avons enfin réussi, et nous sommes devenus dépendants.

Que notre premier contact avec la nicotine fut seul ou en présence d'amis, il y eu habituellement une transition relativement rapide entre le moment de l'expérimentation et le moment où cette drogue nous tenait en servitude.  Très rapidement, les sensations convoitées se sont manifestées -- quel qu'elles fut, que nous soyons des "durs", des "détendus", des "matures", des "rebelles", etc ... -- et subitement nous étions devenu une classe de gens à part des gens ordinaires.

Lorsque nous avons découvert que la nicotine pouvait nous donner ce dont nous croyions avoir besoin, alors rapidement cette drogue est devenu notre recours pour pratiquement tout ou rien.  Nous fumions, que nous soyons sur un "haut" ou sur un "bas", ou parce que nous ne savions distinguer le haut du bas.

Bien rapidement, nous avons appris, à l'aide de notre fumée, à les traverser tous.  Certains ont pu continuer, au moins pour un certain temps, à pratiquer leurs sports ou autres activités physiques exigeantes, mais pour la plupart, les activités de cette nature -- et de fait tout notre champ d'action -- devint rapidement limité.

Les rencontres entichées de réprobations de notre conduite se sont manifesté rapidement, particulièrement dans les dernières années.  Il y eu des insinuations, des accusations, des faiblesses.  Pour éviter la critique, le choix fut de ne s'associer qu'avec des usagers de la nicotine.  Mais il n'y avait réellement aucune possibilité de se soustraire de cette honte grandissante et de cette peur à la vue du fait que cette substance prenait le contrôle de notre vie et de notre être.  A mesure que s'accumulaient les tentatives de cesser -- qui se révélaient futiles encore et encore -- est apparu un sentiment croissant de désespoir, lentement pour certains mais plus rapidement pour d'autres.  Ne cessait de croître cette pensée que nous en serions dépendant jusqu'aux portes de la mort, au mépris de nos meilleures intentions, cette drogue chargerait, foulant ces dernières aux pieds.  A mesure que s'accumulaient les échecs et les défaites, notre estime de soi s'estompait en conséquence.  C'était un typhon, nous aspirant en spirale sans cesse vers le bas, nous emportant avec lui.

En rétrospective, le fait de fumer faisait partie d'une existence en somme décevante.  Elle se commençait souvent par des mensonges à nos parents -- un événement plutôt sérieux dans la vie de jeunes personnes.  Ces mensonges furent combinés aussi à des vols de cigarettes à nos parents.  Puis vinrent les mensonges au sujet du nombre de cigarettes que nous fumions.  Les mensonges et les déceptions accéléraient la rotation de cette spirale descendante de plus en plus rapidement.

Nous offrons d'innombrables "raisons" expliquant les motifs pour lesquels nous avons commencé à fumer.  Nos amis fumaient et nous voulions être de la partie.  Pouvions nous être accepté par des amis si nous ne fumions comme eux?  Nous avions des parents qui fumaient, nous savions donc depuis l'enfance qu'en croissant nous deviendrions des fumeurs.  Ou, "J'ai commencé à fumer à l'âge de 17 ans pour ne pas devenir obèse; ma mère m'avait dit qu'il est préférable de fumer que d'être obèse".  Pour ceux qui ont commencé jeune, il y avait cette tendance de paraître à pleine croissance, à ressembler aux adultes.  Dans les années 1940, 50, et 60, le fait de fumer était une façon acceptable, reconnue, un rite courant de passage des jeunes au monde des adultes.  Fumer faisait partie des plaisirs de la vie et toute étoile de cinéma semblait fumer.  Le fait de fumer semblait relié à l'ennui -- il n'y avait rien à faire de plus constructif dans la vie!

Derrière ces "raisons" se cachait une bien plus triste réalité: virtuellement aucun d'entre nous n'avait pris une décision consciente, éclairée, de devenir un fumeur.  Le monde qui nous entourait -- et nos semblables et nos parents et nos idoles -- fumaient, et nous avons imité leur action, suite à un défi, par curiosité, ou pour singer, ou simplement pour voir ce que cela faisait.

Quel que furent les "découvertes" du début, elles nous contraignaient à y revenir pour en consommer d'avantage.  Un sentiment de maturité, de rébellion, de sophistication, de malveillance, d' "être de la partie" (en compagnie d'un groupe qui "est de la partie" ou d'un groupe qui est "marginal"), d'être "détendu".  A l'aide d'une cigarette, il n'y fallait rien de plus pour devenir doucereux, jovial, ou rebelle.  Une mutation instantanée se matérialisait -- du banal au séduisant et par delà.  Pour le moins, nous pouvions trouver l' "acceptabilité", ou mieux encore, l'admiration et l'estime à nos propres yeux et aux yeux de ceux qui nous entourent.

Notre corps a commencé à éprouver un intense besoin pour obtenir la sensation physique produite par cette drogue, alors que nos émotions ont commencé à ressentir cet intense besoin pour la sensation psychologique de confort que nous sommes venu à associer à la nicotine.  La nicotine a commencé à masquer et à apaiser de vagues peurs qui nous harcelaient -- ou possiblement des peurs plus spécifiques.  "Le fait de fumer masquait ma peur des gens".  Ou, "le fait de fumer masquait ma peur de communiquer avec autrui.  Elle masquait aussi ma peur de faire quelque chose en me gardant assis à fumer une cigarette".

Alors que plusieurs d'entre nous ont fait usage de la nicotine pendant des années sans s'en soucier, la plupart d'entre nous ont commencé éventuellement à ressentir de la culpabilité au sujet de la façon que nous avions de traiter notre corps et (ou) notre porte monnaie.  A l'aide d'un degré accru de conscience des effets de la nicotine, et à la vue des personnes cessant son usage autour de nous, il nous vint -- ou bien un sentiment accru de la sensation d'être "moins qu'inférieurs" à nos semblables qui, nous semblaient-ils, étaient capables de cesser en si peu d'effort -- ou bien cette idée confectionnée que nous leur étions"supérieurs", en quelque sorte plus coriaces dans notre "habilité" à continuer de fumer en dépit de l'opinion publique.

Un sentiment croissant d'isolement a commencé à se développer à partir de cette même "habitude" qui à l'origine nous avait "aidé à nous intégrer dans la société".  Ce sentiment était quelque peu bienvenu, puisqu'alors certains d'entre nous courtisaient l'isolement et utilisaient la nicotine pour y parvenir, ou nous y conserver.

Le fait de fumer en est venu à affecter notre vie: professionnellement, athlétiquement, socialement, sexuellement et dans notre temps de loisir.  Il y avait une inhabilité à travailler sans nicotine, issue de cette ferme conviction que la nicotine nous était d'une aide précieuse, qu'elle était le combustible qui enflammait notre créativité.  Habituellement, nous préférions nous asseoir et fumer plutôt que de bouger tout autour -- plutôt que de faire quoi que ce soit d'athlétique.  Des activités sédentaires, combinées à la fumée, furent le centre d'intérêt de notre temps de loisir et de nos activités sociales.  Des activités sexuelles sans cigarettes étaient impensables.

Les conséquences physiques du fait de fumer devinrent plus prononcées et plus indéniables.  Le souffle court et la perte de la voix, ou encore pire, le cancer et la perte même des cordes vocales ou du poumon.  Ou encore la perte d'un enfant, comme le déclarait une femme: "Je crois que ma fumée a causé la perte du seul garçon que j'ai conçu, et ce, à mon cinquième mois de grossesse".  Des problèmes circulatoires. L'emphysème. La liste s'allonge.  Les maux dans la poitrine et des poumons douloureux faisaient partie de la vie quotidienne, de même du fait de savoir que notre minable teint et certaines de nos rides faciales fut le résultat du fait de fumer.  Il y avait des brûlure sur du linge, sur des meubles, qui plus est fut cette terrible peur de devenir très malade, peut- être même de mourir à cause de la fumée.  Et alors nous avons fumé pour masquer aussi cette dernière peur.

Notre vie de famille en souffrit aussi.

"Trois de mes quatre enfants sont dépendants de la nicotine et j'ai perdu la garde de mon quatrième.  Ma condition émotive désespérée, alimentée par la nicotine, y contribua largement.  Cet enfant était allergique à la fumée et subit quatre convulsions de fièvre avant même que nous en venions à une entente de ne plus fumer dans la maison.  Le médecin a menacé de prendre des procédures contre moi et mon mari pour abus contre notre enfant si nous continuions de fumer dans le voisinage de ce bébé".

Au prise avec de telles expériences, la plupart d'entre nous ont essayé de cesser, ou au moins de contrôler notre façon de fumer.  La première tentative fut généralement la dernière, à l'aide de différentes techniques dont les suivantes:

• N'acheter qu'un seul paquet à la fois

• Changer de marque

• Aller à des endroits où fumer était interdit

•Diminuer notre usage de la nicotine, puis compter nos cigarettes

• Ne fumer qu'à certains moments de la journée

• "Essayer de payer une amende pour chaque cigarette fumée, et n'avons réussi qu'à préparer un nid couvant notre prochain carton".

 


Il paraissait n'y avoir que peu de soutien pour essayer de cesser, ou bien nous utilisions cette dernière pour nous justifier en rationalisant.  Certains amis qui continuaient de fumer se sentaient possiblement menacé par notre tentative et ne nous encourageaient pas dans nos efforts, alors que quelques uns ont même activement fait campagne contre notre tentative de cesser.  Mais habituellement ce fut un soutien tacite de nos amis fumeurs et de leur famille dont nous avions subtilement tordu le bras pour la promotion de la continuation de "l'habitude":  "Ils ne parlent pas de cesser, alors pourquoi en parlerais- je?".  La rationalisation irait aussi de quelques excuses dont des suivantes:  "Les membres de ma famille entière (à l'exception de ma mère) considèrent impossible de vivre en ma présence lorsque j'essayais de cesser, alors ils m'ont encouragé à ne pas cesser".

La dénégation du fait que la nicotine représentait un problème majeur alimentait l'entretien de la dépendance.  Cette vaste circulation de littérature concernant la santé durant les années 1970 et 80 a commencé à miner cette dénégation.  Notre reconnaissance de l'usage de la nicotine comme d'une dépendance n'est survenue qu'ultérieurement et ne fut accepté que plus difficilement.  "Je croyais que le fait de fumer n'était qu'une vilaine habitude".  Pourtant notre comportement de fumeurs démontrait la dépravation et la démence des véritables dépendants que nous étions, prêt à surmonter tout obstacle pour obtenir notre prochaine ration de nicotine.  Nous avons creusé dans les contenants de poubelles, ramassant les mégots des cendriers ou les avons excavé des ravins du bord des routes, marché par des quartiers dangereux ou avons conduit dans des tempêtes glaciales au coeur de la nuit, au mépris des dangers pour soi et possiblement pour autrui.  Aucun embarras ou dégradation nous semblaient trop difficile à supporter dans la poursuite de l'obtention de nicotine.

"Ce fut une de ces nuits ennuyeuses, pluvieuses.  Une nuit parfaite pour demeurer à la maison.  Je venais tout juste d'enlever mon maquillage, rouler mes cheveux dans mes bigoudis, revêtis une vieille robe d'intérieur défraîchie et une paire de vieux bas de laine, puis me suis finalement enroulé sur le sofa pour lire le journal.  Mais j'ai réalisé que j'étais incapable de concentrer.  Je ne pouvais penser à rien d'autre qu'à mon besoin d'une cigarette.  Et je savais que je n'en avais aucune dans la maison.  J'ai essayé de ne plus y penser, mais j'en suis venu au point où il m'était impossible de me retenir".

"Je ne me suis même pas donné la peine d'enlever mes bigoudis.  J'ai enfilé un vieux manteau de pluie troué et chaussé une paire de botte de pluie d'allure étrange, à talon haut et de couleur orange, par dessus mes gros bas.  Je me suis véhiculé jusqu'au magasin dépanneur du centre-d'achat près de chez moi.  Selon les caprices du hasard, j'ai vu à l'intérieur quelqu'un que je connaissais, et en raison de la façon dont j'étais vêtu, je fus embarrassé au point de ne pas entrer."

"Il y avait un bar à quelques porte de là.  Il semblait bien, mais surtout sombre.  J'y suis allé.  Je n'ai pas vu immédiatement de machine à cigarette en entrant, mais il y avait là un homme debout au bar qui fumait.  Je l'ai approché pour lui demander de me vendre deux cigarettes".

"Il me donna trois ou quatre cigarettes, et il refusa de prendre mon argent.  Avant même que je puisse le remercier, il me regarda avec un air rempli de pitié, me saisit dans ses bras et dit: "Tout va bien?  Avez-vous besoin que je vous offre à manger?  Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous dépanner?""

"Je réalisai mon allure aussi débraillée, me tenant là avec mes bigoudis, revêtue de cette vieille robe de maison qui dépassait sous mon vieux manteau de pluie tout déchiré, chaussant des bottes orange par dessus mes bas de laine ... mendiant pour des cigarette".

"J'assurai l'homme que tout allait bien, l'ai remercié pour les cigarettes, les empoignant avidement, puis sorti furtivement du bar, m'enfonçant dans la nuit, terrifiée à l'idée que cet homme me suivrait pour me voir entrer dans ma toute nouvelle voiture.  Je m'en suis retourné à la maison sachant que je venais tout juste de toucher un fond dans ma vie".

Nous avons utilisé la nicotine pour surmonter la gêne dans des groupes, pour garder nos distances de certaines personnes, et pour nous isoler.  La nicotine nous servait à élever un écran de fumée entre nous et ceux "dont nous avions peur".  Plusieurs d'entre nous se sentaient "sophistiqués" lorsque nous utilisionsla nicotine -- joviaux, détendus, faisant partie du monde, puissants, braves, confiants.  Une personne décrit comme suit des sensations du soi que celle-là lui procurait: "Détendu.  Une sorte d'étoile rock à centre d'attraction au charisme reposant.  Mystérieux.  Important.  Un "j'ai tout vu".  Mais une autre personne allie l'aspect "détendu" et "constructif" à un revers (de médaille) plus déconcertant:  "Je me sentais en sécurité, honteux, calme, pervers, détendu, contrôlé, artificiel, mais qui plus est -- malade.  L'aversion pour soi fut une de nos plus grandes marques de commerce.

La nicotine modifiait nos relations avec autrui, y compris des non-fumeurs et des partisans de la proscription de la fumée.  Nous avions de l'aversion pour ceux-ci.  Il nous rendaient furieux.  Nous pouvions nous fâcher à la seule vue de messages télévisés de services publiques nous suggérant d'envisager de cesser.  Nous avions l'impression de faire l'objet de discrimination.  Nous n'étions plus en sécurité dans les endroits publiques.

Une personne déclare:  "Il m'arrivait de manger à un comptoir de restaurant lorsqu'une personne se plaignait de ma fumée de cigarette.  Ma réplique était souvent cruelle et brutale, telle que 'Alors déplacez-vous de six tabourets -- qui peu bien avoir besoin de vous!'"

Même la maison pouvait devenir un champ de bataille concernant l'usage de la nicotine.  "J'avais des conflits avec mon amoureux.  J'ai été contrainte de cesser de fumer au lit.  Il n'aimait pas cette odeur dans la chambre".  Une autre personne déclare: "Mon père ne voulait pas que je fume dans la voiture parce que la fumée circulait et demeurait emprisonnée dans le système d'air climatisé.  Naturellement, j'essayais de m'abstenir mais l'obsession d'utiliser la nicotine devenait forte au point d'être incapable de me retenir, ce qui déclenchait la chicane".  Alors qu'un autre avait des conflits avec sa femme: "Ma femme a perdu son premier mari à cause du cancer de la gorge et par conséquent elle a des sentiments très forts concernant la fumée.  J'ÉTAIS OBLIGÉ DE CESSER -- point final".

A de nombreuses reprises, notre première tentative de cesser était motivée par le désir de satisfaire la volonté de quelqu'un qui ne voulait pas qu'on fasse usage de nicotine.  Le fait de cesser était presque toujours accompagné de l'incrédulité la plus totale qu'il y aurait de la vie après la nicotine.  Nous ne pouvions imaginer le moindre geste -- comme de loger un appel téléphonique -- sans une cigarette.  Des efforts plus complexes tel que prendre un repas ou avoir une relation sexuelle étaient inconcevables sans nicotine.

Nous étions aveuglés lorsqu'il s'agissait de considérer le coût de l'usage de la nicotine.  Peu d'entre nous ont lorgné attentivement tout l'argent envolé en fumée.  "Après ma première réunion de Nicotine Anonyme, j'ai tout comptabilisé -- $1,100 par année et $23,000 depuis que j'ai commencé 21 ans auparavant.  L'acompte sur la maison de mes rêves".

Il n'y avait qu'une volonté réticente à admettre que la nicotine pouvait avoir quoi que ce soit à voir avec la bronchite, la sinusite, la grippe, la toux, l'asthme, et la mauvaise circulation qui furent notre lot.  Nous esquivions la lecture de rapports médicaux qui concernaient les effets de la nicotine.  Nous avons brûlé des trous dans nos vêtements, nos tapis, notre ameublement, et nous nous sommes brûlé nous-mêmes et nos amis.  Nous avons saisi des cigarettes par le bout brûlant, ou les avons échappé sur nos genoux, quelquefois en conduisant.  Pour ceux qui chiquaient, nous avons renversé le "jus" de chique sur nous-mêmes et dans notre voiture, dans notre lit ou sur notre conjointe.

Nous avons eu des accidents à cause de l'usage de la nicotine.  Au travail, il y eu du temps de perdu et des journées d'absences (quelquefois sans salaire) pour cause de maladie.  Nous étions habiles à ne pas voir et à rationaliser nos erreurs, sans jamais en faire la somme pour envisager toute la laideur de ce grand tableaux.  La nicotine nous minait en de minuscules accroissements, facilement ignorés.

En dépit d'une dénégation féroce et perverse, toutefois, nous avons essayé de cesser.  Nous avons payé le coût de ces tentatives échouées, financièrement et psychologiquement: "Ma réaction émotive à l'échec de demeurer abstinent fut un sentiment de culpabilité et d'impotence ...  Elles ont tout simplement renforcés ce que je savais déjà, et que de toute façon je tenais partiellement pour attitude face à la vie -- que je suis infirme, dans l'erreur, un raté, et que peu importe jusqu'à quel point je m'efforcerais, je demeure infirme, dans l'erreur, un raté".

Nos réactions à notre inhabilité de cesser comprenaient habituellement la frustration, l'aversion de soi, et une résignation désespérée de continuer l'usage de la nicotine éternellement.  Certains devenaient plus déterminés que jamais à cesser.  Mais avant que cette situation ne se produise finalement, nous rechutions dans notre dépendance pendant des jours, des semaines, des mois ou des années.

La vie comme dépendant de la nicotine était fondée sur la dénégation.  La plupart d'entre nous se sentait malheureux et laissé pour compte par tout et par tous.  De mauvaises choses "nous survenaient" et des situations négatives nous tombaient sur la tête, s'ingéraient dans notre vie, et autrement en travers de notre route.  La honte de notre dépendance alimentait nos sentiments de malchances, causant beaucoup de confusion et d'animosité.  Nous étions harcelé par le doute, l'anxiété et le ressentiment.  Le bonheur était rarement de la partie.

Comme conséquences d'avoir été "laissé pour compte", nombreux d'entre nous croyions que nous trouverions le "bonheur" si les autres personnes ou circonstances , "pouvaient seulement changer".  Nous avons dépensé beaucoup d'énergie à contrôler autrui, ou comme Don Quichote, avons chargé sur des moulin à vent.  Nous avons tergiversé.  Nous nous sommes évadé dans la nicotine et (ou) dans d'autres drogues.  Quel que fut notre "solution", nous évitions de confronter la vraie coupable -- notre dépendance.

Un sentiment de sécurité dans les conventions sociales nous était toujours disponible derrière un grillage de fumée.  Lorsque la société et la loi ont commencé à réglementer notre comportement en restreignant les endroits où nous pouvions fumer, nous sommes devenus rebelles et furieux, ignorant la réglementations et transgressant la loi.  L'autre réaction pour plusieurs d'entre nous fut de faire le chien-battu et nous déplacer ailleurs pour satisfaire "notre habitude".  Peu importe notre réaction, il est difficile d'imaginer comment la réglementations sans cesse croissante concernant la fumée aurait pu avoir un effet constructif sur notre perception de nous-mêmes.

Les personnes dans notre entourage étaient inquiètes concernant notre vie, mais rarement ces inquiétudes avaient-elles modifiées notre comportement.  La famille, les enfants, les êtres chers, les amis et collègues se faisaient du soucis pour nous et s'inquiétaient de notre dépendance à la nicotine.  Ils étaient préoccupés ; ils étaient contrariés; ils se sont plaints; ont tentés de nous amadouer; nous ont suppliés ...  Nous avons continué.

Nous avions presque tous des symptômes physiques adverses d'une sorte ou l'autre, couvrant la gamme à partir d'une simple mauvaise haleine, de senteurs de doigt, de serrements de poitrine -- jusqu'au cancer, à la haute pression, aux problèmes cardiaques.  Nous étions tous atteints, peu importe jusqu'à quel point nous les niions ou tentions d'en ignorer les symptômes.

Pour faciliter notre dénégation, nous nous sommes ingéniés à camoufler la senteur sur nous-mêmes et dans la maison, la voiture, au bureau.  Nous avons nettoyé, frotté à la brosse.  Nous avons utilisé la pâte-à-dent, le rince-bouche, les menthes, bonbons, gommes, parfums, eaux de Cologne.  Nous avons ouvert les fenêtres, acheté des équipements pour absorber la fumée, utilisé le Lysol, le vinaigre, l'ammoniaque, l'encens, les chandelles à odeur.  Une personne cuisina même des brioches:

"Lorsque ma mère venait à la maison, j'aérais celle-ci pendant des heures.  Puis je cuisinais une série de brioches aux bleuets parce que leur odeur se répandait dans la maison et lui donnait une senteur merveilleuse.  Ma mère ne pouvait jamais comprendre pourquoi je mangeais tant de brioches".

Cependant peu importe les tentatives pour faire disparaître de notre vie la dépendance à la nicotine, nous continuions à puer, de même que nos vêtements, notre voiture, notre résidence et notre bureau.  Nous avons aussi pollué l'environnement physique autour de nous en jetant des mégots de cigarette ou de cigare, vidant notre pipe ou crachant du jus de tabac sur le trottoir, dans le jardin de rose, sur la plage, ou ailleurs, vidé notre cendrier de voiture rempli de mégots, de cendre et d'allumettes dans le stationnement, ou autrement laissé pas mal nos détritus comme une trace dégoûtante à tout et chacun des endroits où nous allions.

Au plan psychologique, notre inhabilité à nous échapper des griffes de la nicotine avait un impact dévastateur sur notre estime de soi, notre respect de soi et notre amour propre.  Le fait d'en venir à réaliser cette vérité fut un long processus.  Prendre position active suite à cette prise de conscience exigea encore plus de temps.  Malgré que nous savions pendant des années que nous devions cesser, nous ne croyions pas que cela pouvait devenir chose du passé.

Néanmoins, la plupart d'entre nous avons fait des tentatives, et les options étaient très variées.  Nous avons tenté différentes approches.  Nous avons raccourci nos cigarettes, changé de marque, changé nos sans-filtres pour des filtrées, et de là aux "légères".  Nous avons payé des sommes considérables pour des programmes de rétablissement vendu dans le commerce, ou avons dépensé une joli somme à des offrandes sociales pour la santé.  Nous avons utilisés l'acuponcture, l'hypnose, la modification de comportement, le jin shin jyutsu, et avons mâché de la gomme à la nicotine.

Mais rien n'y faisait.  Pour sur, certains d'entre nous sommes parvenus à cesser l'usage de la nicotine pour des périodes variées à l'aide de l'une ou l'autre des approches précédentes, et dans certains cas, la période d'abstinence s'étendait sur plusieurs mois, ou même des années.  Mais en dernier lieu, cette drogue gagnait toujours.  De retour dans les griffes de la nicotine, nous nous sommes trouvé de nouvelles dénégations et rationalisations, et succombé une fois de plus dans notre dépendance.

En dépit de nos meilleurs tentatives de dénégation, nous nous tuions nous-mêmes, et nous le savions.  Non seulement notre corps, mais notre âme aussi.  "Durant toutes les années qu'a duré ma dépendance, j'étais psychologiquement torturé parce que je fumais.  J'appellerais cela une sensation de dichotomie ou de schizophrénie".  Nous connaissons tous au moins un peu de cette tension causée pas cette malhonnêteté personnelle.  Nous avons déclaré que nous étions pour cesser bientôt, alors que nous savions que nous mentions.
Notre corps nous avertissait de la maladie, mais la mise en garde fut étouffé à mesure que la puissance de l'obsession pour la nicotine déformait notre esprit.  Et nous avons ainsi continué de la sorte.  Mais graduellement, il y avait un sentiment croissant d'être dégoutté.

"Je n'avais jamais fait la relation entre mon dégoût et le fait de fumer. Je savais que ma rosse du matin était le résultat immédiat de la cigarette et que mon souffle-court du soir était le résultat du fait d'avoir trop fumé tout au long de la journée.  Mais je ne réalisais pas je j'étais malade à cause de la cigarette".

Notre pensée nous jouait d'étranges petits jeux concernant la nicotine.  Tout ces petits jeux étaient conçu dans le but de perpétuer notre dénégation et notre inhabilité à prendre nos responsabilité concernant notre propre vie.  En refusant d'accepter la responsabilité de notre propre dépendance à la nicotine, nous avons fait fi de notre possibilité de cesser.

De quelque manière, nous avons atteint ultimement un point de désespoir où il ne nous était plus possible de soutenir plus longtemps ces mensonges, cette déception et notre auto-destruction, et nous avons découvert la route de Nicotine Anonyme.  Notre réaction initiale pouvait être rien de moins que décevante.  Une personne décrit sa première visite comme suit:

"Je croyais n'avoir jamais vu, de toute ma vie, la bande la plus folle d'idiots et de cinglés de religiosité concentré en un seul endroit.  Je croyais virtuellement qu'ils étaient tous des illuminés, je me demandais ce que j'y faisais et je ne pouvais comprendre ce que ces égarés pouvaient bien m'apporter, et j'étais très perturbé par cette question de Dieu.  Lorsque j'ai essayé de me renseigner concernant cette dernière, on m'a répondu qu'on ne devait poser de questions que lorsque la réunion était terminée.  Mais, de toute manière, je suis revenu.  J'étais à ce point désespéré".

Cependant, que nous ayons aimé ou non notre première réunion, il y avait un sentiment d'espoir -- ou au moins une résignation à l'effet qu'il y avait là la dernière possibilité d'espoir.  Il y avait là un noyau de personne, ayant des degrés différents de succès, tous affairés activement à vivre libéré de la nicotine.

Le succès n'était pas instantané pour chacun.  Ou nécessairement "permanent".  Pour certains parmi nous, la rechute dans l'usage de la nicotine faisait partie du processus nous ayant fait touché "le fond".

"Après trois mois de présence dans Nicotine Anonyme, libéré de la nicotine, j'ai rechuté et fumé durant encore un mois.  Ce mois fut un enfer absolu, indescriptible, qui s'empirait continuellement, vertigineusement.  Un jour, je ne pouvais descendre plus bas.  Je croyais perdre la raison, et je crois que je l'aurais perdu n'eut été de ma décision, ici et maintenant, qu'il ne pouvait plus y avoir de nicotine dans ma vie".

Toucher le fond.  Parvenir là où "la mort vous apparait comme une vacance".  Parvenir au point où nous sommes prêts à tout pour nous abstenir de nicotine.  Devenir consentant, en dernier lieu, à confronter la réalité du problème que nous avons essayé de camouflé derrière un rideau de fumée.  Se préparé à ce que débute le processus.  "J'ai réalisé que je devais attendre la matérialisation du miracle de Dieu, à son heure, non à la mienne".

Peu importe comment nous sommes arrivé à Nicotine Anonyme, peu importe à quel point nous étions alors désespérés, il y avait cette peur paralysante et ce doute à savoir si nous pouvions arrêter.  Après toutes les tentatives ratées, tout les faux départs, toutes les meilleures intentions, il n'y avait pas beaucoup d'espoir.  "J'espérais à l'encontre de toute probabilité que je puisse arrêter et le demeuré".

La peur d'un autre échec nous paraissait très grande, toutefois.  La pensée de ne plus jamais utiliser de nicotine avait causé tant d'échecs dans le passé, et nous avions de la difficulté à imaginer que cela ne se reproduirait pas encore.

"Un jour à la fois" fut pour nous un concept totalement nouveau.  C'était différent de tout ce que nous avions jamais pu essayé.  Peut-être sans y penser, ou même sans être conscient de cette notion, ce concept d' "abstinent pour aujourd'hui seulement" nous soulageait de la terreur qu'inspirait l'abstinence de toute la semaine suivante, du mois suivant, de l'année suivante, et du reste de notre vie sans notre "copain".

Une autre idée nouvelle fut l'impuissance.  C'est la première Étape de Nicotine Anonyme -- admettre notre absence de pouvoir de contrôle devant la nicotine.  L'admission exige une prise de conscience à l'effet que, comme individu, nous avons failli et que cette drogue est vainqueur.  Et elle exige de nous que nous comprenions que nous allons continuer de faillir.  L'acceptation de l'impuissance exige une prise de conscience du fait que toutes les tentatives du passé et notre aversion pour nous-mêmes sont destinées à continuer et à se perpétuer jusqu'à ce que, en dépit de toute considération, en dernier essor nous nous tuions.  Certains parmi nous savaient que nous étions impuissant devant la nicotine au tout début à notre arrivée à Nicotine Anonyme.  "Je devais reconnaître mon impuissance en raison du contrôle total qu'avait sur moi la nicotine".  Ou, "Je ne pouvais ignorer les nombreuses, nombreuses tentatives infructueuses de cesser, je devais donc être impuissant devant la nicotine".  Ou, "La seule considération de cesser me rétrécissait comme une araignée sur un poêle chaud, je savais donc que j'avais affaire à plus puissant que moi".  Pour d'autres, la prise de conscience de ce concept survint ultérieurement -- "ce jour là, six semaines ou plus après avoir cessé, alors que j'aurais pu commettre un meurtre pour une cigarette".  Et cependant, pour d'autres, il y avait une sorte de position mitoyenne:  "Je crois que je connaissait mon impuissance, mais cela n'avait pour moi pas beaucoup de signification jusqu'au moment où je suis devenu extrêmement malade, et alors, j'étais en dépit et malgré tout incapable de cesser".

Peu importe quand et comment nous en sommes venu à accepter notre impuissance, nous étions alors obligé de confronter le concept de la Puissance Supérieure - la "puissance supérieure à nous-mêmes".  Pour certains, particulièrement ceux qui avaient de fortes convictions et pratiques religieuses, ou qui avaient mis en pratique le programme des douze Étapes dans une autre fraternité les utilisant, cette idée ne faisait pas obstacle, ou pour le moins le concept de la Puissance Supérieure n'était pas une idée tout à fait étrangère.

Pour d'autres, cependant, la confrontation initiale avec l'idée d'une Puissance Supérieure fut exactement cela -- une confrontation.  "Une Puissance Supérieure?  Vous devez vous moquer!"   "Ne me servez pas cette folle salade de religiosité;  je suis ici pour cesser de fumer".  Un miracle du programme est que le même sceptique qui au début croyait que l'idée devait être une blague déclare maintenant, "Je suis à genoux presque tout les matins pour prier ma Puissance Supérieure".  D'autres parmi les sceptiques du début nous partagent leur récente réflection comme suit:  "Ma paix d'esprit et ma santé mentale même, dépendent de ma reddition à ma Puissance Supérieure".  "Ma Puissance Supérieure est L' "Être" qui me lave de la compulsion pour la nicotine et me protège contre l'obligation de céder à son besoin pressant et irrésistible".

Pour la plupart d'entre nous, avant d'être capable d'admettre notre propre impuissance devant la nicotine et reconnaître même la possibilité qu'une Puissance Supérieure puisse jouer un rôle dans notre sauvetage de notre démence endroguée, nous avons dû "toucher le fond".  Des termes et des phrases descriptives variés peuvent y être substitués comme façon d'exprimer la même idée de "toucher le fond":  Se rendre à la Cité du Désespoir Total.  Cesser de Fumer ou Mourir.  Se faire réveiller en sursaut par cette "état émotif à vif dans lequel je fut".  Etre secoué jusqu'au coeur même, au point d'être "prêt à tout faire" pour s'abstenir de nicotine.  Pour être capable de vivre cette ligne du texte: "Ne fumez pas, même si vous en perdez vos arrières!".  Toucher le fond.  Définitivement pas un endroit agréable!  Pour certains d'entre nous, cependant, nous devons atteindre un "gouffre profond" avant de pouvoir concevoir les notions de "relèvement" et de Rétablissement.

Au fur et à mesure que nous assistons aux réunions, nous découvrons un changement graduel dans notre attitude.  En dépit de notre certitude que nous ne serons jamais libéré de notre dépendance à la nicotine, nous ne faisons pas usage de cette drogue.  Nous apprenons à confier notre volonté et notre vie au soins d'une puissance supérieure à nous-mêmes.  Nous apprenons l'humilité et la compassion.  Nous acquérons plus de confiance en nous-mêmes et commençons à comprendre pour la première fois à quel point sérieuse est notre dépendance -- comment elle nous affecte spirituellement et physiquement.  Nous faisons l'expérience du courage et de l'espoir.  Nous tirons des leçons de foi et de tolérance dans nos réunions et dans notre vie quotidienne.  Nous ressentons le besoins de maintenir l'honnêteté, autant envers nous-mêmes qu'envers autrui, pour maintenir avec succès notre libération de la nicotine.

La prière de la sérénité nous rappelle que nous ne pouvons modifier la compulsion ou obsession pour la nicotine.  Dans un sens plus large, nous apprenons à utiliser les concepts de cette prière comme des outils nous permettant de composer avec les nombreuses situations de notre vie quotidienne sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir.  En même temps, nous apprenons que nous pouvons nous changer nous-mêmes, nos attitudes, notre façon de penser, notre façon d'agir et de réagir, et ceci s'applique autant à notre nicotine qu'à notre vie en général.

Une Puissance Supérieure nous guide à faire des choix sains si nous demeurons ouvert à nous laisser guider.  Pour plusieurs d'entre nous, particulièrement durant la première année de leur rétablissement, la principale considération est de s'abstenir de nicotine.  Tôt ou tard, cependant, la compulsion se dissipe, et alors nos considérations peuvent se diriger d'avantage vers l'entretien de la mise en pratique quotidienne d'un mode de vie spirituel permanent.

Notre vie s'est améliorée depuis notre arrivée à Nicotine Anonyme.  Nous nous sentons mieux et nous avons meilleure mine.  Toutefois, nous ressentons nos émotions avec beaucoup plus d'intensité qu'auparavant.  Par moments, cette intensité émotionnelle devient telle que nous sommes induit à croire que nous sommes pire qu'auparavant.  Mais à mesure que nous apprenons à utiliser les outils de rétablissement pour relever tous les défis que nous rencontrons dans note vie, nous découvrons plus de sérénité et d'espoir que nous n'aurions jamais pu imaginer auparavant.  A l'aide de cette prise de conscience, nous réalisons jusqu'à quel point notre situation est meilleure.

Nous apprenons que de bonne personnes peuvent faire de mauvaises choses, et que nous n'avons pas besoin de nous prendre si au sérieux.  Par le truchement de la reddition et de l'acceptation de l'impuissance, nous découvrons que nous n'avons jamais plus besoin d'être esclave de la nicotine ou du tabac ou de l'industrie de la publicité.  Nous constatons que nous pouvons faire des choses difficiles, que nos sentiments et nos peurs ne sont pas uniques.  Nous prenons un plus grand soin de nous-mêmes à mesure que nous apprenons à vivre un jour à la fois.

Nous nous retournons vers autrui à mesure que nous prenons la responsabilité de notre propre paix et de notre propre bonheur.  Nous avons appris à croire aux miracles.  La plupart d'entre nous ne sommes pas prêts pour ces miracles du genre  "fente des eaux de la mer" par Moise, mais sur une base personnelle, nous croyons aux miracles parce que nous en voyons un en nous-mêmes tout les jours. 
Nous faisons, dans notre propre personne, l'expérience d'un réveil spirituel qui est aussi individuel et personnel que nous ne le sommes nous-mêmes.  Nous avons une nouvelle vitalité, une vie, un sentiment d'élan à avancer et à progresser et un but qui ne furent jamais présent auparavant.

Nous nous sentons en sécurité, un jours à la fois, à l'abri de la nicotine.  A condition d'assister à nos réunions et de mettre en pratique notre programme, nous avons le sentiment que nos chances de ne pas utiliser la nicotine augmentent d'une façon dramatique.  Parfois, il nous arrive une compulsion pour le sucre ou autres sucreries, ou pour des aliments gras ou salés, ou pour de l'alcool ou autres drogues ou pour de la sexualité -- pour quelque chose qui nous donne de l'évasion -- et l'intensité de cette compulsion peut être surprenante.  Plusieurs ressentent plus de colère que lorsqu'ils utilisaient de la nicotine.  En réalité, toutefois, nous étions tout aussi en colère auparavant.  Ce sentiment était, cependant, engourdi par notre drogue.

Nous apprenons à ne pas réagir si rapidement.  Nous apprenons à nous retourner vers notre Puissance Supérieure, ou bien par la prière ou par quelqu'autre moyen de contact, et nous commençons à accepter le fait que nous nous sommes embarqués dans une aventure.  Nous n'avons plus peur de perdre le contrôle à cause de la colère.

En assistant aux réunions et en nous impliquant dans les services de Nicotine Anonyme, nous demeurons libéré de la nicotine parce que nous partageons avec les autres.  Nous ressentons le travail que fait en nous notre Puissance Supérieure.  Le fait de contempler cette mer de visage aux réunions ("L'effet Mont Rushmore") nous rappelle que nous ne voulons pas commencer à utiliser la nicotine avant notre prochaine réunions.  Les nouveaux venus nous rappellent notre propre désespoir d'il n'y a pas si longtemps, et de ce que c'était durant nos premières réunions.  Nous sommes capables d'exprimer et de recevoir de la bonté et de l'amour dans une atmosphère amicale et détendue.
Ceux parmi nous qui avons eu l'opportunité de parler à une réunion et de partager notre histoire, notre expérience, notre force et notre espoir avec ceux-là qui luttent avec le même problème, avons découvert des faits étonnants nous concernant.  La sécurité que nous ressentons aux réunions nous permet de partager ce dont nous avons besoins, sans crainte, sans nous sentir jugés.
En écoutant parler les autres et en pratiquant l'introspection personnelle et à l'aide d'un parrain (marraine) et de notre Puissance Supérieure, nous commençons à comprendre les douze Étapes et à les mettre en pratique -- une à la fois et dans l'ordre. Souvent, il nous arrive de ne pas percevoir exactement comment nous pratiquons une Étape, ou pourquoi nous la pratiquons, mais nous le savons lorsque (si) nous l'avons mis en pratique.

L'expérience démontre très clairement que le service (le dévouement) dans Nicotine Anonyme est un outil incroyablement important pour demeurer libéré de la nicotine.  Il y a un large inventaire d'option pour le service: organiser une nouvelle réunion ou en présider une ou être volontaire pour remplir une tâche dans une réunion déjà existante, devenir parrain ou marraine, loger ou recevoir des appels téléphoniques, organiser des événements sociaux, répondre au courrier.  L'engagement dans le service peut se modifier pour s'adapter à la personne, à l'état d'esprit, à une journée particulière ou à une période de temps.

Bien que l'organisation des différentes réunions peut varier, nous sommes tous d'accord sur le besoin de discuter et de partager durant ces réunions.  Les réunions où l'on étudie les Étapes sont très utiles, spécialement si Nicotine Anonyme est la seule ou la première fraternité que l'on fréquente qui utilise ce même programme de rétablissement des douze Étapes.

Peu importe l'organisation, il y a quelque chose à propos de Nicotine Anonyme qui nous incite à revenir.  Il y a l'acceptation et la compréhension des personnes qui partagent le même problème de la dépendance à la nicotine.   Nous ressentons -- certains d'entre nous pour la première fois -- un soucie authentique, l'amour et un soutien.  La plus grande surprise, peut-être, est le réveil de l'espoir.  Nous, qui étions totalement convaincu que nous ne pourrions jamais cesser l'usage de la nicotine, commençons à croire à la possibilité que cela peu aussi nous arriver, à mesure que nous écoutons d'autres membres partager leur expérience, leur force et leur espoir.

Nicotine Anonyme ne fonctionne pas toute seule, toutefois.  Nombreux parmi nous sommes dans un état de grande dénégation concernant notre dépendance à la nicotine.  Certains parmi nous sommes incapables d'admettre notre impuissance devant cette drogue, ou avons des difficultés avec le concept de la Puissance Supérieure, sans compter la reddition à cette autre "force".  Mais sans considération sérieuse pour les douze Étapes, la plupart d'entre nous considérons qu'il nous est impossible de demeurer abstinent de nicotine pour bien longtemps.  Certains se sont contenté de pratiquer seulement la première Étape, puis ont passé directement à la douzième Étape, laissant aux autres le soins de pratiquer les Étapes intermédiaires, seulement pour se retrouver dans les griffes de cette drogue lorsque la vie devient plus stressante ou compliquée.  Ou nous cessons d'assister à nos réunions et nous oublions tout simplement que nous sommes des dépendants.  Nous prenons cette première dose de nicotine, oubliant que la première est de trop et que mille et une autres ne suffiront pas.

Parce que nous partageons une commune maladie et son commun rétablissement, un lien particulier se développe parmi nos membres.  Dans un environnement de sécurité et de soutien, nous apprenons à faire confiance et à prendre des risques concernant la vie.  Nous apprenons en première approximation la vérité concernant ce dicton à l'effet que nous ne pouvons connaître pleinement notre propre histoire tant que nous ne l'avons pas partagé avec autrui.

La relation entre les membres que nous développons dans Nicotine Anonyme évolue à mesure que nous progressons dans notre rétablissement.  Nous découvrons que nous ne sommes plus le premier à passer la porte à la fin de la réunion.  Nous allons ensuite prendre un café avec d'autres membres et parlons régulièrement au téléphone avec de nouvelles connaissances et nos amis.  Nous partageons de plus en plus de nous-mêmes avec autrui et nous commençons à étudier l'interdépendance que nous avons besoins de développer à titre d'êtres humains efficaces.  Notre isolement se dissipe tout comme se dissipe notre compulsion pour l'usage de la nicotine.

Le rétablissement de la dépendance à la nicotine n'est pas un événement isolé.  C'est le processus de vivre sa vie.  Il commence lorsque nous cessons l'usage de la nicotine et admettons que nous sommes impuissants devant cette drogue, processus qui continue tant et aussi longtemps que nous n'utilisons pas cette drogue et que nous nous souvenons de notre incapacité de la contrôler.  Cependant, notre admission de notre impuissance devant cette drogue nela rend pas moins rusée ou déroutante, et abandonnés à nous- mêmes, le contrôle qu'exerce sur nous cette drogue ne se relâche jamais.  La dépendance à la nicotine, tout comme l